Saviez-vous, qu’au sein de notre logement, l’air est pollué ?
Notre air intérieur est pollué par des sources externes mais aussi par nos activités : matériaux (construction, ameublement, décoration), appareils à combustion, animaux domestiques, activités humaines (tabagisme, entretien et ménage, bricolage, cuisine, …). Or nous passons 80% de notre temps dans des lieux fermés, dont une grande partie à notre domicile. L’air peut y être jusqu’à 8 fois plus pollué qu’à l’extérieur.
Dans cet article, nous listons les différentes sources de pollution dans notre logement, tout en proposant des bonnes pratiques pour agir et mieux respirer chez nous.
Toit, garage, cuisine, salon, chambre, salle de bain : à chaque pièce ses polluants
Chaque partie de notre logement est exposée à des toxines. Certaines d’entre elles sont communes à tous les espaces (chauffage, mobilier, poussière, tabac, animaux domestiques, travaux, …) et d’autres spécifiques à certaines pièces (humidité, produits d’entretien ou de bricolage, parfum d’intérieur, poubelles…). Voici ci-dessous un schéma pour mieux nous aider à visualiser leur localisation au sein de notre habitat.

Sources : APPA / Mutualité Française Hauts-de-France, programme Fees
Les polluants du logement : lesquels sont-ils et comment les limiter ?1/2
- Les travaux : ils nécessitent l’utilisation de produits chimiques (peintures, solvants, laques, décapants…) et émettent de la poussière. De même, certains matériaux isolants (laine de verre, de riche, de laitier…) peuvent dégager des éléments toxiques pendant et après les travaux.
Bonnes pratiques : se protéger lors de la réalisation des travaux (en portant un masque, des lunettes et des gants). Choisir des produits avec une étiquette A+ et avec des labels de qualité. Ouvrir les fenêtres en grand pendant et au cours des semaines suivantes. Éviter d’utiliser la pièce immédiatement après.
- Le chauffage, entre 18 et 20°C en hiver : au gaz, au bois, au pétrole ou au charbon, ces chauffages peuvent envoyer dans l’air du monoxyde de carbone, gaz potentiel mortel qui ne se voit pas et qui ne se sent pas. Par ailleurs, les chauffages mobiles à combustion sont à utiliser au maximum deux heures par jour.
Bonnes pratiques : faire entretenir nos appareils de chauffage tous les ans par des professionnels. Installer un détecteur de monoxyde de carbone (à ne pas confondre avec le détecteur de fumée).
- L’humidité, entre 40 et 60% dans l’air : elle résulte de la douche, de la cuisine, du ménage, d’une fuite d’eau, d’une mauvaise ventilation, d’un mauvais isolement ou d’un mauvais chauffage. Elle est à l’origine des moisissures (champignons), qui sont néfastes pour notre santé.
Bonnes pratiques : aérer au cours des activités qui produisent de l’humidité. Trouver la cause (en cas de fuite). Nettoyer les moisissures.
- Le mobilier : certains meubles en bois (notamment en bois aggloméré) dégagent des substances chimiques pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines après leur déballage.
Bonnes pratiques : éviter au maximum les produits chimiques (peinture, vernis…). Aérer régulièrement la pièce après l’installation des meubles.
- La poussière : elle est source de polluants, de microbes, de moisissures et de petites bêtes (acariens par exemple).
Bonnes pratiques : nettoyer régulièrement, fenêtres ouvertes, avec un aspirateur (au lieu du balai) et avec un chiffon humide (à la place du plumeau). Limiter les tapis et la moquette.
- Les produits ménagers : ils envoient des particules dans l’air, qui sont nocives pour la santé. Les aérosols et sprays, les produits parfumés, les désinfectants et les produits avec des pictogrammes de danger sont à supprimer progressivement.
Bonne pratique : privilégier un nombre de produits limités, simples, multiusages, avec des labels de qualité.
- Les déchets : ils attirent les nuisibles.
Bonnes pratiques : ne pas les accumuler dans les poubelles et les sortir régulièrement.
- Le tabac : fumer (sous toutes ses formes) dans notre habitation, même à une fenêtre ouverte, est nocif aussi bien pour nous-même que pour notre entourage.
Bonne pratique : fumer, c’est à l’extérieur.
- Les parfums d’intérieur / d’ambiance : il n’est pas bon de respirer tous les parfums d’intérieur, les huiles essentielles diffusées dans l’air ainsi que les insecticides.
Bonnes pratiques : supprimer progressivement. Remplacer les insecticides par des moustiquaires aux fenêtres et des tapettes à mouche.
- Les plantes : certaines d’entre elles peuvent présenter une toxicité et être sources de réactions allergiques. Par ailleurs, les substrats (terre, terreau, billes d’argile…) sont favorables au développement de moisissures.
Bonnes pratiques : limiter leur nombre et choisir des plantes non allergènes. Changer régulièrement le substrat. Ne pas en mettre dans les chambres. Éviter de les traiter avec des produits chimiques.
- Les animaux domestiques : les allergènes des animaux sont présents dans la salive ou les poils. Ils peuvent se retrouver dans toutes les pièces où se promènent nos petits compagnons.
Bonnes pratiques (notamment en cas d’allergie) : éviter de les laisser entrer dans notre chambre. Nettoyer souvent leur panier et leur litière. Laver et aspirer les sols autant que possible (idéalement tous les jours).
- Les acariens : invisibles à l’œil nu, ces petites bêtes aiment l’humidité et la chaleur (matelas, poussière, tapis, coussins…).
Bonnes pratiques (notamment en cas d’allergies) : limiter les éléments en tissu ou les aspirer régulièrement. Laver nos draps toutes les semaines à 60°C. Aérer notre chambre et laisser notre lit ouvert. Limiter les tapis et la moquette.
- Les pollens : ils sont présents sur les fleurs, les arbres et les plantes. Ils volent dans l’air, surtout au printemps et en été.
Bonnes pratiques (notamment en cas d’allergies) : aérer tôt le matin et / ou le soir. Se rincer les cheveux en rentrant chez nous. Sécher notre linge en intérieur (et pas dehors).
Comment agir globalement pour assainir notre intérieur ?3
Renouveler l’air intérieur de notre logement est essentiel pour réduire la concentration des polluants, diminuer l’humidité et évacuer les mauvaises odeurs. Deux gestes simples sont à adopter :
Aérer : plusieurs fois par jour, en été comme en hiver, quel que soit le temps. De 5 à 15 minutes suffisent, mais la durée est à adapter selon le mode d’aération et nos activités (si elles génèrent ou pas de l’humidité ou des polluants).
Les horaires sont à ajuster en fonction de la période de pollinisation et de la pollution extérieure (épandage, trafic routier…).
Bon réflexe : au cours de l’aération, pensons à éteindre ou à baisser au minimum les appareils de chauffage.

Ventiler : cela favorise la circulation de l’air au sein de notre logement. La présence d’un système de ventilation est obligatoire dans toutes les habitations, collectives ou individuelles. Voici quelques conseils pour bien l’entretenir :
- Vérifier régulièrement le fonctionnement (placer une feuille de papier devant la bouche d’extraction d’air : elle doit être attirée vers la bouche).
- Entretenir les réglettes et les bouches d’extraction d’air tous les trimestres (aspirer ou nettoyer à l’aide d’un chiffon imprégné d’eau savonneuse et de vinaigre blanc pour éviter toute entrave des entrées et des sorties d’air par la poussière).
- Prévoir une vérification de la VMC, par un spécialiste, selon les recommandations du fabricant.
- Prévoir un entretien complet de la VMC double flux, selon les recommandations du fabricant.
Pour en savoir plus
- Recettes économiques et écologiques (produits d’entretien)
- Habitat et santé : limiter les polluants dans le logement (fiche périnatalité)
- Site ADEME particuliers
Sources
1 APPA, Mon logement, mon air, ma santé, avril 2025
2 Inpes, Guide de la pollution de l’air intérieur
3 APPA, Fiche « Aération – ventilation », 2020