Stress des examens : les substances magiques de notre corps et de la nature pour y faire face
L’entrée dans l’âge adulte est une phase transitoire marquée par l’affirmation de soi, le développement de notre autonomie et la revendication de notre indépendance. Toutefois, au cours de cette émancipation, nous sommes confrontés à des périodes d’instabilité de tout ordre, notamment par des questionnements sur nous-mêmes. Les études, qui doivent pourtant offrir une certaine sécurité quant à notre avenir, apportent leur lot de doutes sur l’orientation choisie, sur les débouchés… Et les examens deviennent ainsi une source de tensions et de stress récurrente : charge de travail importante, isolement, doute sur nos capacités, peur de l’échec… Bref autant de ressentis néfastes et d’angoisses qui nous poussent à adopter des comportements parfois illogiques, voire néfastes pour notre santé. Avec le recul, nous nous en rendons parfois compte. Pour autant, la fois suivante, nous refaisons les mêmes erreurs. Changer n’est en effet pas aisé… surtout quand nous ne savons pas par où commencer ?!
Cet article répertorie des conseils pratico-pratiques pour nous aider à trouver notre « bonne routine » : booster notre cerveau avec notre alimentation, libérer certaines molécules bienfaitrices de notre corps grâce à l’activité physique et dormir suffisamment pour augmenter notre mémoire.
Manger, une source d’énergie cérébrale 1
Bien manger au moment des examens n’est pas évident : le stress peut réduire l’appétit de certains d’entre nous ou au contraire nous pousser à consommer des produits sucrés ou gras pour nous réconforter (manger émotionnel). Malheureusement, dans le premier cas, nous allons manquer d’énergie pour pouvoir avancer efficacement dans nos révisions. Dans le deuxième cas, les calories « mangées » sont dites « vides », c’est-à-dire sans intérêt pour le bon fonctionnement de notre cerveau (et de notre corps).
En période de forte concentration et d’activité intellectuelle intense, nous avons besoin de magnésium, de fer, de vitamines… Nul intérêt d’investir dans des compléments alimentaires, tous ces nutriments se trouvent à l’état brut ! Nous vous recommandons de manger particulièrement :
- des fruits et des légumes : les vitamines, minéraux et antioxydants nous aident à lutter contre la fatigue, le stress et favorise l’attention. À privilégier les légumes verts (épinard, brocolis, …) et les fruits rouges quand c’est la saison (myrtille, mure, framboise …).
- du poisson : les oméga 3 qui y sont présents sont bons pour nos neurones. Le mieux est de choisir des poissons gras (saumon, sardine, maquereau, thon…).
- des œufs : également riche en oméga 3, leur consommation stimule aussi la mémoire et le fonctionnement du cerveau. À consommer sous toutes ses formes (en omelette, à la coque, au plat, dur…) !
- de la viande rouge : sans en abuser, elle est une source de fer indéniable pour véhiculer l’oxygène jusqu’à notre cerveau. À privilégier le bœuf ou l’agneau.
- des légumes secs (lentille, pois chiche, pois cassé, haricot rouge…), riches en protéines et en fibres, nous apportent de l’énergie. Certains sont une excellente source de magnésium et de fer. Par ailleurs, ils constituent une bonne alternative à la viande.
- des oléagineux : ce sont les noisettes, les amandes, les noix… qui sont riches en minéraux et en oligo-éléments, excellents pour la mémoire et la concentration.
- du chocolat noir, source de magnésium, qui favorise la bonne humeur et stimule nos capacités intellectuelles.
Lors des révisions, il est recommandé de faire quatre repas par jour : petit déjeuner (ou collation si cela n’est pas possible), déjeuner, collation et diner.
Faire de l’activité physique : un déclencheur d’endorphine, de dopamine et de sérotonine2/3
L’activité physique favorise la sécrétion de plusieurs molécules :
- l’endorphine, qui concours au bien-être, à la régulation de l’humeur et au sommeil
- la dopamine, à l’origine de l’activation du circuit de la récompense, qui procure motivation et plaisir
- la sérotonine, qui régule l’humeur et contribue à l’état de bonheur
Nous sommes à la fois producteurs et consommateurs de ces substances qui boostent notre moral. Aucun doute donc à avoir sur l’origine !
Par ailleurs, notre corps produit naturellement du cortisol (aussi appelé hormone du stress), qui joue un rôle essentiel pour notre mémoire et nos capacités d’adaptation, sauf si le taux devient trop élevé. En effet, en cas d’excès, lié à un stress chronique, cela devient contre-productif et engendre un risque de trouble anxieux ou dépressif, ainsi qu’une diminution de nos capacités cognitives. D’où l’importance de pratiquer également une activité physique en période de révision et d’examen, car elle contribue à réguler ce taux de cortisol et donc le stress.
Peu importe l’activité choisie, le plaisir doit être avant tout au rendez-vous ! Associée au grand air et à la lumière naturelle du jour, nous améliorons encore davantage notre santé mentale et notre futur sommeil (cf. partie ci-dessous). Si vous n’avez aucune idée pour vous lancer, privilégiez alors les sports d’endurance (course à pied, marche, vélo, natation, …). Et inutile de nous fixer des objectifs ambitieux en cette période déjà à enjeux : 30 minutes, 3 à 5 fois par semaine, c’est bien ! Mais rien ne nous empêche d’en faire 30 minutes tous les jours si cela nous apporte sérénité. Attention toutefois à intégrer facilement cette activité dans notre planning de révision, cela ne doit pas nous demander une organisation logistique contraignante (au risque de perdre le bénéfice apporté). Profitons par exemple de nos déplacements pour faire du vélo, marcher…
Dormir, un bon moyen de recharger nos batteries
Stress et sommeil ne se marient pas bien. En effet, il est difficile de trouver le sommeil quand nous sommes anxieux, avec une charge de travail importante… Notre taux de cortisol (cf. partie ci-dessus), plus élevé, impacte notre qualité de sommeil. Et, à l’inverse, le manque de sommeil joue négativement sur notre humeur et notre concentration. C’est l’engrenage !
Lors des révisions et des examens, nous avons besoin de bonnes nuits de sommeil afin de réguler l’hormone du stress, booster notre système immunitaire et renforcer notre mémoire. La durée de sommeil, certes importante, varie toutefois selon notre profil : petit dormeur (moins de 6h), moyen dormeur (entre 7h et 8 h) et gros dormeur (plus de 8h). L’essentiel est avant tout la qualité qui dépend :
- du temps total passé au lit et consacré au sommeil (au moins 85%)
- de la durée de la phase d’endormissement (30 minutes ou moins)
- du nombre de réveil par nuit (pas plus d’une fois)
- de la durée d’éveil nocturne si la personne se réveille (inférieure à 20 minutes)
Voici quelques astuces pour y parvenir :
- Se coucher dès les premiers signes de sommeil
- S’endormir à une heure régulière
- Quitter les écrans une heure avant d’aller se coucher
- Pratiquer une activité physique au cours de la journée (pour libérer les endorphines, qui contribuent au sommeil)
- Pratiquer quelques exercices de sophrologie / cohérence cardiaque pour réguler la respiration

Quelques conseils supplémentaires pour nos études4 :
- Faire régulièrement des pauses, en nous ménageant du temps pour nous (entre les révisions ou entre les journées de cours)
- Rencontrer d’autres étudiants et nous ouvrir aux occasions de discuter (à la bibliothèque par exemple)
- Soutenir et être soutenu via les réseaux (communautés d’étudiants, groupe Whatsapp d’élèves …)
- Être accompagné par un mentor pour bénéficier de ses conseils et nous soutenir dans nos projets (parmi notre entourage, sur des plateformes en ligne dédiées…)
- Envisager (et demander) un aménagement d’études pour diminuer la pression (semestre ou année de césure)
- Mettre de mots sur nos émotions et vider notre sac
Les ressources à notre disposition pour nous accompagner :
- Dema1n.org (plateforme de mentorat)
- Questionnaire Primo (faire le point sur sa santé mentale)
- Kit de vie (soutien à la santé mentale des jeunes)
- Les Bureaux d’aide psychologique universitaires (BAPU)
- Les services universitaires de santé du type Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SSU, SUMPPS ou SIUMPPS)
- 3114 (numéro national de la prévention du suicide)
Sources :
2 Service de santé étudiante, Stress avant les examens : avez-vous pensé aux drogues magiques ?
3 Institut du Cerveau, Lexique
4 Psycom, La santé mentale des jeunes