Interview de Laurent Bacquart, les avantages de la labellisation

« Avec la labellisation, l’agent territorial conserve le choix de son contrat de complémentaire santé »

Depuis l’entrĂ©e en vigueur de l’ordonnance n°2021-175, le 17 fĂ©vrier 2021, relative Ă  la Protection Sociale ComplĂ©mentaire, des Ă©volutions ont Ă©tĂ© apportĂ©es dans le domaine de la complĂ©mentaire santĂ© pour les agents de la fonction publique. Cette ordonnance va imposer Ă  terme aux collectivitĂ©s territoriales et Ă  leurs Ă©tablissements publics de participer financièrement Ă  la complĂ©mentaire santĂ© de leurs agents. Afin de permettre aux fonctionnaires territoriaux de bĂ©nĂ©ficier de cette participation financière, les collectivitĂ©s gardent le choix du dispositif Ă  mettre en place : Convention de participation ou Labellisation. Laurent Bacquart, Directeur gĂ©nĂ©ral des Services du Val d’Yerres Val de Seine et prĂ©sident rĂ©gional ĂŽle-de-France du SNDGCT, nous prĂ©sente les avantages de la labellisation.

Qu’est-ce qu’un contrat labellisé et quelle différence avec une convention de participation ?

Une collectivitĂ© territoriale peut (et devra obligatoirement au 1er janvier 2026) prendre en charge une partie de la protection sociale complĂ©mentaire (PSC) de ses agents par deux moyens : la convention de participation, ou la labellisation. Pour Ă©tablir une convention de participation en matière de protection santĂ©, une collectivitĂ© territoriale – ou un centre de gestion dĂ©partemental auquel sont affiliĂ©es des collectivitĂ©s – doit lancer une consultation spĂ©cifique auprès des mutuelles et conclure un contrat collectif. Cet appel d’offres public vise Ă  Ă©laborer un cahier des charges de prestations attendues de la part des mutuelles, qui sont mises en concurrence. L’une d’elles est finalement choisie pour 6 ans maximum. La procĂ©dure de labellisation, quant Ă  elle, consiste Ă  accorder un label Ă  des contrats dĂ©jĂ  proposĂ©s par une mutuelle. Le label est accordĂ© tous les 3 ans par l’Agence de contrĂ´le prudentiel et de rĂ©solution (ACPR) Ă  partir d’un certain nombre de critères qui garantissent le caractère social, solidaire et responsable du contrat. La collectivitĂ© participe de manière identique Ă  tous les contrats labellisĂ©s.

Pourquoi certaines mutuelles, comme la MNFCT, continuent de défendre la labellisation ?

Pour répondre à un appel d’offres de convention de participation, une mutuelle doit concentrer du temps et de l’énergie, sans certitude que cela aboutisse. De plus, la logique de mise en concurrence induite par l’appel d’offres peut conduire à des effets pernicieux : certaines prestations proposées peuvent s’avérer mal dimensionnées , créant des déficits à terme pour une mutuelle à cause d’une mauvaise évaluation des risques santé. L’opérateur retenu peut alors se trouver dans la nécessité d’augmenter les cotisations pour garantir les risques, voire de résilier le contrat collectif. Le label, quant à lui, garantit une qualité minimale aux contrats proposés par la MNFCT. Un contrat labellisé est un contrat nécessairement responsable mettant en œuvre des mécanismes de solidarité entre les bénéficiaires dont les retraités et les familles.. Les mutuelles préfèrent donc être à l’initiative en proposant d’elles-mêmes leurs offres de prestation garantissant un équilibre entre bénéficiaires et assurant leur pérennité.

Quels avantages pour les agents territoriaux ?

Grâce Ă  la rĂ©forme de la PSC du 11 juillet 2023, un agent de la fonction publique territoriale a tout intĂ©rĂŞt Ă  souscrire un contrat labellisĂ© pour bĂ©nĂ©ficier d’une aide de son employeur ! Ainsi, si le contrat dĂ©jĂ  souscrit par l’agent  est labellisĂ©, la prise en charge prĂ©vue par la collectivitĂ© va pouvoir s’appliquer sans besoin de changer de mutuelle. Le souscripteur peut ainsi maintenir un contrat personnalisĂ© selon ses besoins en matière de protection santĂ©, avec un panel de garanties assurĂ© par le label, et ce tout en recevant une participation financière de son employeur. Le contrat labellisĂ© laisse donc plus de libertĂ© Ă  l’agent dans le choix de son contrat de couverture des risques santĂ© et du niveau de cotisations qu’il peut supporter. La convention de participation nĂ©cessite en revanche de changer de contrat pour bĂ©nĂ©ficier de la participation. Cela peut s’avĂ©rer intĂ©ressant Ă  condition que la prise en charge de l’employeur soit Ă©levĂ©e, car, Ă  dĂ©faut, il y a un risque de renchĂ©rissement des cotisations pour l’agent. De nombreux agents, au regard de faibles niveaux de participation des employeurs, n’optent pas pour la convention de participation, pour des raisons financières. En participant aux contrats labellisĂ©s, on peut ainsi Ă©viter des phĂ©nomènes de renoncement aux soins, Ă  cause de leur manque de prise en charge, soit dans des contrats non labellisĂ©s, soit par des niveaux de garanties trop faibles. La collectivitĂ© y trouve son intĂ©rĂŞt, car en couvrant un panel plus large d’agents, elle investit dans le capital santĂ© de ses agents et peut faire, de sa participation aux contrats labellisĂ©s un Ă©lĂ©ment de sa politique d’attractivitĂ©.